5 Secrets pour Décrocher un VIE / VIA (Alors que Vous Pensiez ne Jamais y Arriver) - L'Unique Billet à Lire si Vous êtes Jeune Diplômé



La concurrence est féroce pour trouver un VIE ou un VIA. 


C'est peu dire...

UBIFRANCE estime que 8300 VIE étaient en poste en 2014 (et cible un objectif de 9000 en 2015). Combien candidatent ? La base de données de candidats compte 65260 CV. Oui, huit fois plus ...


Il y a 1 poste de VIE pour 8 candidats au départ.

Avec un tel ratio, la seule solution pour décrocher un VIE / VIA , c'est de se différencier.

Alors comment vous démarquer ? Je m'apprête à partager avec vous cinq secrets sur la façon de décrocher un VIE quand on est jeune diplômé de son école de commerce, d'ingénieur, de l'université, ...

1) Attendez d'avoir 27 ans et différenciez-vous par votre expérience


L'âge limite pour décrocher un VIE est 28 ans et vous avez même jusqu'à 29 ans pour partir en mission (à condition de décrocher votre VIE à 28 ans révolu au plus tard). Et pourtant la plupart des jeunes qui candidatent pour un VIE sont des jeunes diplômés fraîchement sortis de leur école et sans expérience professionnelle (l'âge moyen des jeunes VIE en mission est de 25 ans).

Vous avez donc un certain intérêt à attendre 27 ans : avec 2-3 années d'expérience professionnelle supplémentaire, vous vous distinguez de la majorité des candidats. C'est mathématique.

Je l'ai fait. Je sais vraiment de quoi je parle lorsque je vous recommande de patienter. A 24 ans, je n'arrivais pas à trouver de VIE à ma sortie d'école, ce qui était quand même dommage vu que j'étais diplômé d'une des meilleures école de commerce de France. Mais mon diplôme ne servait à rien.

82% des candidats à un VIE ont un Bac+ 5. Ce n'est donc pas par le diplôme que l'on se différencie, mais par l'expérience professionnelle.

J'ai donc patienté, trouvé un job et après trois ans, je suis retourné voir .

Le nombre de places n'avait pas significativement augmenté, mais ce qui avait changé, c'était moi. J'avais acquis trois années d'expérience en entreprise et mes concurrents sortaient à peine de l'école.

De façon logique, et après 1 ou 2 mois de recherche, on m'a vite proposé des VIE. Je n'ai plus eu qu'à choisir ma destination. Je suis parti en VIE au Maroc.

2) Parlez néerlandais (ou chinois) (ou italien) (ou portugais) (ou russe) (ou japonais) et différenciez-vous par votre niveau de langue


Parler anglais, tout le monde le fait.

98% des candidats à un VIE déclarent parler anglais. 

Ce n'est donc pas avec l'anglais que vous allez vous différencier. Pas plus qu'avec l'espagnol parlé par un candidat sur 2. Ni avec l'allemand parlé par 1 candidat sur 5.

En revanche si vous parlez d'autres langues, l'italien, le chinois, le néerlandais, le portugais, le japonais ou le russe, il est temps de le signaler. Il  y a comme  une pénurie des candidatures pour ces langues...
Comprenez bien l'utilité des VIE : les VIE sont promus par UBIFRANCE qui est une agence au service de l'export des entreprises françaises. L'intérêt des VIE est d'abord d'aider les entreprises françaises à exporter, s'implanter à l'étranger sur des territoires qu'elles n'imaginaient peut-être pas investir. De façon logique, la demande de VIE est forte pour les pays qui sont dans le Top 20 de nos principaux partenaires économiques.

Jetons un œil aux principaux partenaires économiques de la France :

  • ItalieL'Italie est le 3ème partenaire économique de la France et le 8ème pays en nombre de VIE. 7% des candidats parlent italien.
  • Chine (et Hong-Kong). La Chine est le 6ème partenaire économique de la France. Au moins 10% des VIE sont affectés dans de pays où le chinois est langue officielle (Chine - Hong-Kong 3ème pays en nombre de VIE et Singapour 7ème pays ; soit + 900 VIE). Or, seulement 5% des candidats parlent chinois.
  • Néerlandais. Les Pays-Bas sont le 7ème partenaire économique de la France à l'export. <1% des candidats parlent néerlandais.
  • Russe. 2% des candidats parlent russe. La Russie est le 10 ème partenaire économique de la France.
  • Japon. 2% des candidats parlent japonais. Le Japon est le 11ème partenaire économique de la France.
  • Brésil4% parlent portugais. Le Brésil est le 17ème économique de la France.
Ce qu'il faut retenir de ces chiffres, c'est qu'il y a des pays où la demande potentielle de VIE est forte, mais le nombre de candidats aptes au départ pour ces pays est faible donc la concurrence moindre : l'Italie, la Chine, les Pays-bas, la Russie, le Japon et le Brésil en tête. 
Sur le sujet des langues, lire : 12 Rules for Learning Foreign Language in Record time - The Only Post You'll Ever Need

3) Visitez le pays que vous ciblez au moins une fois et différenciez-vous par votre connaissance du pays et votre réseau

Être allé au moins une fois dans le pays que vous ciblez, c'est ce qui fera toute la différence entre vous et TOUS ceux qui n'y sont jamais allés.
En visitant au moins une fois le pays que vous ciblez vous aurez un discours plus visuel et plus juste, donc plus réaliste, une candidature moins naïve. Vous colorerez votre entretien en sachant citer les centres d'intérêt du pays ciblé, et parler de son ambiance, son climat, sens gens qui y habitent.

Vous serez également mieux armé pour répondre à d'éventuelles objections d'un futur recruteur ou désamorcer des questions pièges. Dans certains pays il est compliqué d'y être une femme. Au recruteur qui vous posera la question si cela vous dérange vous saurez dire "J'y ai déjà passé une semaine vous savez, je sais très bien à quoi m'attendre, ...". Vous saurez également estimer les écarts avec votre pays d'origine, les différences de coutumes sociales et religieuses et rassurerez votre recruteur sur votre capacité d'adaptation ("Oui l'Inde ce n'est pas la France, je le sais d'autant plus que j'y ai passé une semaine,...").

Dernier point, votre première visite sera l'occasion de vous créer un premier réseau de confiance.  Le réseau de confiance englobe ici l'ensemble des personnes que vous allez rencontrer lors de votre séjour soit par hasard soit parce que vous planifierez des entretiens avec eux. Parce que vous l'aurez compris, il ne s'agit pas uniquement de visiter le pays en touriste mais bien de façon pro-active.Un peu à l'image d'un chef d'état qui passe deux jours dans un pays et va aller à la rencontre des forces vives du pays, organisez votre planning de rendez-vous.

Comment se créer ce premier réseau de confiance ? Voilà  quelques pistes à explorer :

  • Dormez chez l'habitant. Partagez vos repas ensemble. Parlez avec eux. Demandez leur de vous présenter leurs amis. (PS : Je vous offre 22 € pour voyager ici)
  • Consultez le réseau de votre école / université et associations des anciens alumni. Identifiez les personnes qui travaillent dans la ville , le pays que vous ciblez. Rencontrez les en priorisant ceux qui occupent les postes à responsabilité les plus élevés. Renseignez-vous pour savoir si un événement d'anciens diplômés se tient animé par l'association qui coïncide avec votre passage.
  • Faites une recherche sur LinkedIn des personnes de votre réseau de Niveau 1 ou 2 qui se trouve dans la ville que vous ciblez. Pour chaque personne trouvée, adressez lui un mail, présentez lui votre démarche, demandez un rendez-vous.
  • Si vous faites parti d'une communauté religieuse, d'un parti politique, d'un syndicat, rencontrez ses représentants dans le pays visité.
  • Rentrez en contact avec la communauté VIE du pays ciblé. Allez sur des forums. Annoncez votre arrivée. Demandez s'il y a des sorties, évènements de prévus. Voyez ce qui se passe.
  • Voyez si les associations auxquelles vous adhérez ont des relais sur place, allez les voir (TEDx, AIESEC, ...)
  • Visitez les représentations françaises : instituts culturels, alliances françaises, ambassades et consulats, ...et même les représentations d'autres pays de l'Europe (Goethe Institut, British Council, Instituts Cervantès,...)

En résumé : en visitant au moins une fois le pays que vous ciblez, vous mettrez en confiance votre recruteur : votre cheminement semblera plus cohérent, votre capacité à vous intégrer apparaîtra plus rapide,  le risque lié à votre recrutement amoindri.

4) Boostez vos outils de communication et différenciez-vous par votre CV ou votre lettre de motivation


Les entreprises qui recrutent des VIE recherchent des jeunes diplômés certes, mais sont très souvent dans une logique de pré-embauche : elles recherchent des talents qui envisagent de faire carrière chez elles. Vous ne pouvez pas vous permettre d'arriver avec des CV ou lettres de motivation brouillons ou naifsdevant elles.

Améliorer votre CV et votre lettre de motivation est la raison d'être de ce blog. Alors je vous encourage à aller voir ce que j'ai pu écrire sur le sujet ou si vous en ressentez le besoin à me demander de vous aider et vous conseiller sur vos documents.

Des qualités spécifiques au VIE sont recherchées chez  un candidat à son recrutement Assurez-vous que vos documents reflètent ces qualités. (Encore une fois si vous avez un doute, demandez-moi conseil). 

Maturité - Un VIE est une prise de risque pour une entreprise parce que c'est un collaborateur à part entière de l'entreprise (6 VIE sur 10 se terminent d'ailleurs par une offre d'embauche en CDI), de moins de 28 ans (donc à priori peu expérimenté), à qui l'on va confier des responsabilités (sans doute plus qu'à quelqu'un de son âge s'il était resté en France) et qui - difficulté supplémentaire - va évoluer à l'étranger. La question donc se pose : est-ce que le candidat que j'ai en face de moi est mature et ne me donne pas l'impression d'être trop fraîchement sorti de l'école ? Est-ce qu'il a les épaules solides ? Est-ce qu'il a déjà pris des responsabilités ?

Autonomie -  66% des VIE rejoignent des petites structures à l'étranger, des PME, des start-up ou bien même sont envoyés seuls défricher un marché dans un autre pays ou un autre continent pour y ouvrir un bureau de représentation. Le degré d'autonomie du candidat est donc une juste chose à observer. Est-ce que le candidat sait travailler seul, avec un nombre de consignes limitées ? Est-ce qu'il est pro-actif ? Est-ce qu'il sait décider ?

Capacité à s'intégrer -  Bien entendu, on observera la propension du candidat à non seulement travailler à l'étranger, mais tout simplement à y vivre : sait-il se faire un réseau ? A-t-il d'ailleurs un réseau sur place ? Est-ce que je l'imagine sortir de son confort habituel pour évoluer dans un pays qu'il ne connaît pas forcément bien ?


5) Sortez des sentiers battus : visez une PME et différenciez-vous par votre approche du VIE


C'est peut-être la stratégie la plus ambitieuse mais aussi celle qui pourrait être la plus fructueuse : identifier une PME qui  souhaite développer ses activités à l'étranger et lui présenter le dispositif VIE.

100% des entreprises du CAC 40 ont recours à des VIE et pourtant les grandes entreprises ne sont pas les principales pourvoyeuses de VIE : 66% des entreprises qui recourent à des VIE sont des PME.
A vous de monter la stratégie qui vous ressemble pour y arriver, mais voici quels conseils qui devraient pouvoir vous aider :

a) Identifiez une vingtaine de PME avec lesquelles vous aimeriez travailler - Soit parce qu'elles évoluent dans un domaine qui vous plaît, qui est lié à vos études (vous avez fait une école de journalisme et vous aimeriez évoluer dans les média), où parce qu'elles sont présentes dans un pays que vous ciblez ou pourraient être intéressées à s'y trouver dans un futur proche (vous voulez partir en Australie et il s'y trouve des PME françaises). 

Pour vous aider dans l'identification des PME - Il y a un ensemble d'acteurs dans votre région qui peuvent vous aider : CGPME, Centre APEC, Ubifrance en région, CCI. Tous ces acteurs sont au contact des PME au quotidien et sont en mesure de vous aider à identifier les PME qui correspondent à votre projet ou au moins vous donner les ressources pour le faire (annuaires, documentation, liste de salons et leurs exposants,...). 

b) Prise de contact avec les PME ciblées -  la prise de contact peut se faire en face-à-face à l'occasion d'un salon ou bien si ce n'est pas possible par téléphone puis mail ou bien directement par mail. Ma préférence va au salon. Si vous avez la possibilité d'aller à un salon rencontrer l'entreprise qui vous plait, allez-y. Le mail et le téléphone ne sont que des moyens détournés pour avoir un entretien. Le salon est un raccourci. Autre point qui a son importance : il y a de grande chance que vous rencontriez lors de ce salon le PDG ou bien un décisionnaire dans l'entreprise (nous sommes dans une PME après tout, les effectifs sont par définition réduits), donc quelqu'un qui a le pouvoir de vous envoyer en VIE (gardez bien ça en tête).

Quoi dire ? - Vous êtes sensé connaître l'entreprise que vous ciblez (par vos propres recherches sur Internet). Je vous conseille donc de résumer ce que vous savez de l'entreprise en quelques phrases. La personne sera d'autant plus bienveillante à votre égard que vous connaissez son produit, ses services, son histoire. C'est une façon d'accrocher son attention : 

"Si j'ai bien compris, votre entreprise crée des logiciels à destination des entreprises afin de les aider à gérer leurs Ressources Humaines, c'est bien ça ?"
Ecoutez ce que votre interlocuteur vous répondra, puis enchaînez :
"Vu votre succès, je me suis dit que vous aviez peut-être l'ambition d'exporter ce logiciel. Est-ce que c'est un projet que vous avez en cours ?" 
Et marquez une pause en guettant la réaction de votre interlocuteur. Soit votre interlocuteur vous dit que oui, dans ce cas là explorez avec lui où en est le projet, quels pays sont ciblés et pour quelles raisons, les recrutements envisagés,... Si la réponse est non, essayez de comprendre ce qui se cache derrière ce non. Est-ce que c'est un "non" définitif (notre produit ne peut pas s'exporter) ou bien c'est un "Non, pas pour le moment ?" Dans ce dernier cas, à quel horizon cela deviendra-t-il un projet ?

Puis dites : 
"La raison pour laquelle je vous pose cette question, c'est que pour les PME qui souhaitent se développer à l'international, il existe un dispositif (en partie sponsorisé par les régions) et qui s'appelle le VIE - Volontariat International en Entreprise. C'est un dispositif que vous connaissez peut-être déjà ? Il est assez intéressant parce qu'il permet d'envoyer un jeune diplômé dans un pays  pour une période de 6 mois à 24 mois afin de développer le business de l'entreprise dans le pays en question. Moi-même je suis jeune diplômé, je suis en train d'identifier des PME de la région (Nom de la région) qui pourraient être intéressées à mettre en place ce dispositif. Pour tout vous dire, je ne savais pas que vous aviez l'ambition de vous développer à l'international, mais maintenant que vous me l'apprenez, je me dis qu'il y a peut-être une possibilité de collaborer ensemble, ou au moins d'en discuter. Qu'en pensez-vous ? On pourrait peut-être en discuter ensemble dans la semaine qui vient ?"
Recommandations par rapport à ce script :
- Soyez au clair sur les financements nationaux et régionaux accordés aux entreprises qui accueillent des VIE.
- Adaptez ce script en fonction des circonstances et de l'interlocuteur que vous rencontrez.
- Entraînez-vous en allant voir des PME qui ne vous intéressent pas pour commencer

c) A la fin de l'entretien. Laissez votre CV ainsi qu'une fiche expliquant ce qu'est le VIE (vous en trouverez sur le site civiweb.com ici). Convenez d'un rendez-vous pour vous revoir. Prenez la carte de visite de votre interlocuteur (il serait bien que vous en ayez une aussi à laisser). Le soir même, envoyez un mail de remerciement pour cet échange, Rappelez la date et l'heure du rendez-vous convenu, joignez la version électronique des documents. Dans un fichier dédié, notez toutes les informations que vous aurez apprises grâce à ce premier échange.

Pic by kirstinmckee